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David Goeury a contribué à l’ouvrage « L’émergence contrariée du local dans la Tunisie post-2011. Enseignements des élections municipales de 2018 » sous la direction de Alia Gana et Maher Ben Rebah.

Cet ouvrage est le fruit d’une opération de recherche collective sur les élections municipales de 2018 en Tunisie réalisée dans le cadre du projet « Changements politiques et socio-institutionnels post-2011 en Afrique du Nord. Concurrence des modèles et diversité des trajectoires nationales » (TARICA), financé par le Conseil européen de la Recherche (ERC) et hébergé conjointement par l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC, USR 3077) à Tunis et l’UMR 7533 LADYSS à Paris1. Il s’inscrit dans le prolongement de recherches initiées en 2012 qui ont permis de constituer un réseau scientifique sur les processus électoraux post-2011 en Afrique du Nord.

À partir d’une observation du processus électoral dans plusieurs communes et d’une analyse contextualisée du vote, il apporte un éclairage original sur les motivations, les logiques et les stratégies des acteurs impliqués. Il questionne aussi les enjeux de ces élections, parmi lesquels figure celui d’assoir un pouvoir local démocratiquement élu. Il met particulièrement en lumière la dynamique d’émergence politique d’un groupe d’acteurs souvent issus du monde associatif et désireux de constituer une alternative crédible à une élite politique désavouée par les électeurs. Il en dévoile aussi la fragilité face aux forces partisanes dominantes et aux rigidités d’un État fortement centralisé.

David Goeury décrit la campagne électorale dans la ville de La Marsa, une des communes emblématiques de l’affirmation des listes indépendantes. A La Marsa, les listes indépendantes ont remporté plus de 65,5 % des suffrages exprimés, devançant largement les deux principaux partis, Nidaa Tounes (17,2 %) et Ennahdha (11,7 %). Cette victoire a permis l’arrivée de Slim Meherzi à la tête de la municipalité, qui a occupé une place grandissante sur la scène politique tunisienne comme nouvelle figure politique alternative, régulièrement conviée dans les médias nationaux et internationaux, comme Fadhel Moussa, maire indépendant de l’Ariana. Toutefois, la victoire de ces listes indépendantes ne saurait être associée au seul rejet des partis politiques. Elle doit aussi être comprise comme un mouvement de fond visant à constituer une élite politique progressiste renouvelée par l’ouverture du champ associatif depuis 2011. Il décrit alors la campagne dans la durée autour de projets démocratiques alternatifs et participatifs tout en expliquant ses limites notamment dans la mobilisation de l’électorat des quartiers populaires.

https://books.openedition.org/irmc/5340