Depuis une trentaine d’années, le Qatar s’impose comme un laboratoire singulier de la patrimonialisation. Dans un espace restreint et sur un temps court, l’émirat a multiplié les musées, les projets de requalification urbaine (Souq Waqif, Msheireb, Katara, Musée d’arts islamiques…) et les politiques de mise en tourisme, inscrites dans une stratégie plus large de diplomatie culturelle et de soft power.
Alors que les sciences sociales ont principalement abordé ces dynamiques sous l’angle de la muséologie, des politiques culturelles ou de l’histoire de l’art, peu de travaux en géographie se sont intéressés aux effets spatiaux et territoriaux de la patrimonialisation au Qatar. Cette thèse vise à combler cette lacune en proposant une lecture géographique des processus de patrimonialisation, en analysant leurs impacts sur les centralités urbaines, les périphéries, les représentations identitaires et la visibilité internationale de l’État qatari.
L’étude repose sur une approche multiscalaire et comparative, articulant analyses de terrain, entretiens avec les acteurs institutionnels et locaux, outils de cartographie et d’analyse spatiale (SIG), ainsi qu’une prise en compte des représentations numériques et touristiques. Elle interroge notamment les tensions entre modernité et tradition, entre discours globalisés et ancrages locaux, au cœur des stratégies patrimoniales contemporaines du Golfe.
Mots-clés
Patrimonialisation – Géographie culturelle – Qatar – Tourisme – Diplomatie culturelle – Soft power – Identités – Mondialisation – Territoires – Golfe
Méthodologie :
– Analyse multiscalaire (quartier, ville, État, scène internationale)
– Études de cas
– Enquêtes de terrain et entretiens
– Analyse de discours institutionnels et de représentations numériques
– Outils cartographiques et SIG
